
On attribue souvent le burnout à une surcharge de travail. Bien sûr, la charge compte, mais elle n’explique pas tout.
Selon Forbes, 83 % des travailleurs dans le monde et ce chiffre continue d’augmenter. Regarder une journée de travail classique suffit à comprendre d’où vient la pression : des réunions qui s’enchaînent, trop d’applications à utiliser, des informations difficiles à retrouver, des réussites qui passent inaperçues, ou trop peu d’occasions d’échanger et de créer du lien entre collègues.
Autant de petits obstacles qui compliquent le travail et finissent par peser.
Lors de notre troisième Bright Conference, des leaders sont venus partager les initiatives qu’ils ont mises en place pour prévenir le burnout dans leur entreprise. Au cours d’une table ronde, les échanges sont allés droit au but : que peut-on changer pour faciliter le travail et maintenir le lien entre collaborateurs ?
Voilà quatre idées à retenir.
Un agenda trop rempli laisse peu de temps pour se concentrer, et encore moins pour souffler entre deux réunions.
Pendant Bright, Kate Podmore, d’Atelier Ace LLC, a expliqué comment son équipe crée davantage d’espace dans la journée. Aucune réunion le mercredi, pour que chacun ait une journée entière pour se concentrer. Les autres jours, les réunions durent 25 ou 50 minutes, pour éviter qu’elles ne s’enchaînent sans pause.
Le mercredi est aussi le jour du « Water Cooler » (ou pause café), 30 minutes d'échange et une seule règle : on ne parle pas de travail. C’est un moment pour discuter, prendre des nouvelles et simplement passer du temps ensemble.
Pour créer du lien, il faut aussi laisser aux collaborateurs le temps de souffler et de se concentrer.
Se sentir valorisé au travail se joue dans les attentions du quotidien. Un effort remarqué. Un collègue qui remercie. Un travail bien fait qui est reconnu.
Chez Baltimore Aircoil Company, Gabriella Ocasio évolue dans un environnement industriel exigeant, où les équipes travaillent parfois dans des conditions de chaleur extrême. L’entreprise a notamment mis en place un système de rotation, qui permet aux collaborateurs de se relayer lorsque les conditions deviennent trop éprouvantes.
L’équipe a également créé des cartes « Bravo » pour encourager la reconnaissance entre collègues au quotidien. Chacun peut remercier un collègue pour son travail depuis son application. Le programme affiche aujourd’hui un taux de participation de 60 %.
Dire merci ne prend que quelques secondes, mais faciliter ce geste peut faire une vraie différence.
Une tâche qui paraît simple peut en réalité demander beaucoup d’efforts : trouver la bonne application, retrouver ses identifiants, chercher l’information, revenir au point de départ… Qu’est-ce que j’étais en train de faire ?
Lors de Bright, Sarah Mackay, d’Adams Fairacre Farms, a mis un nom sur ce phénomène : l’« app fatigue », une lassitude liée à la multiplication des applications. Il fallait offrir aux collaborateurs un moyen plus simple d’accéder aux informations et de les partager.
Tamara Palmer, de Flagger Force, a présenté l’approche mise en place par son équipe. Des raccourcis vers les outils les plus utilisés sont directement intégrés à l’application principale. Résultat : moins de clics et d’allers-retours.
Quelques clics en moins. Un changement d’application évité. Répétés chaque jour, ces petits gains finissent par compter.
Vous voulez créer du lien entre vos équipes, mais vous ne leur permettez pas de participer ? Autoriser les commentaires sur les communications internes peut paraître risqué : une porte ouverte aux plaintes ou à des échanges difficiles à gérer. Et pourtant.
Tamara Palmer, de Flagger Force, a raconté ce qui s’est passé lorsque l’entreprise a décidé d’ouvrir cet espace d’échange. En six ans, seuls dix commentaires ont dû être supprimés. Et selon elle, ces échanges directs ont contribué à rapprocher les collaborateurs, y compris entre les équipes réparties sur différents sites.
Nicole Swecker, de The Cigna Group, observe une dynamique similaire. Son équipe laisse les commentaires ouverts, y compris lorsque les dirigeants communiquent sur des sujets sensibles. Et les réactions des collaborateurs sont souvent des messages de soutien.
Donner la parole aux collaborateurs, c’est leur donner une place dans la conversation. Et s’ouvrir aussi aux bonnes surprises.
C’est aussi ce qu’on partage à Bright : même sur des sujets complexes comme le burnout, les réponses peuvent être très concrètes.
Une journée sans réunion. Quelques minutes entre deux appels. Un moyen plus facile de remercier un collègue. Quelques clics en moins. Des commentaires laissés ouverts.
Autant de petits changements, applicables sans transformation majeure, qui créent un peu plus d’espace au quotidien. Car si les frictions s’accumulent, tout ce qui rend le travail plus facile aussi.
Envie d’en découvrir davantage ? Retrouvez les sessions de la Bright Conference en intégralité.